Le Projet de soin
Dans l’accompagnement en DITEP, le Prendre soin, va tendre à donner du sens à ce qui se montre, comme troubles de/dans la relation du jeune au monde. Donner du sens, c’est mettre en mouvement ce qui s’est figé et qui fait souffrance.
Au sein de l’institution, il existe trois courants théoriques sur lesquels les différents thérapeutes de l’institution s’appuient.
- Approche systémique qui permet de décaler le jeune de sa place « d’enfant symptôme » en travaillant sur le système familial et environnemental dans son ensemble.
- La psychothérapie intégrative est une forme de psychothérapie qui, en fonction du contexte, de la pathologie et des problèmes du jeune, offre un choix de psychothérapies différentes en puisant dans différents courants théoriques.
- La psychothérapie institutionnelle, théorie socle dans notre pratique quotidienne puisqu’elle concerne chaque professionnel dans sa fonction. Le postulat est que l'institution elle-même participe au soin. Le fonctionnement, les relations entre les soignants et les soignés, les règles, les espaces de parole… influencent et agissent sur la santé psychique du jeune.
Ces orientations sont complétées à de multiples niveaux par les apports des neurosciences. Le public accompagné est de plus en plus concerné par ce qu’on appelle la neuroatypique, c’est-à-dire un fonctionnement cognitif et psychique présentant des différences avec une norme préétablie.
La nature de l’accompagnement institutionnel est pensée comme faisant partie du projet de soin du jeune accueilli. C’est en effet dans l’interdisciplinarité, dans la singularité de chaque professionnel que se déploie un maillage cohérent. La clinique institutionnelle s’inscrit dans un collectif pluridisciplinaire et implique pour chacun d’incarner sa fonction tout en travaillant ensemble dans les différents espaces et en soutenant des échanges cliniques réguliers.
Les déclinaisons de la démarche de soin
L’intervention psychoéducative permet de traiter la réalité concrète et la réalité psychique dans un double mouvement, ce qui va permettre de mesurer l’écart entre le vécu et le ressenti pour ainsi réajuster si besoin auprès du jeune.
En réunion pluridisciplinaire au sein d'un DITEP, le thérapeute (psychologue, psychomotricien, infirmier) joue un rôle essentiel, mais toujours articulé au collectif. Chaque thérapeute fait entendre sa lecture du fonctionnement psychique, corporel ou relationnel du jeune, à partir de ce qui se joue dans les séances de soin ou dans les liens du quotidien. Cela vise à nourrir une compréhension fine du jeune, dans une logique de co-élaboration avec les autres professionnels. Ils contribuent à définir des objectifs thérapeutiques réalistes, compatibles avec les capacités du jeune, dans le cadre des coordinations cliniques, réunions de projet et les points PPA. En réunion, les thérapeutes peuvent aider à faire des liens entre les différentes observations : éducatives, pédagogiques, cliniques. Ils peuvent proposer ou ajuster des modalités d'accompagnement : fréquence des séances, type de médiation, besoin de relais extérieurs (CMP, hôpital de jour...). Leur fonction de tiers clinique favorise la mise en sens ; ils peuvent mettre en mots des ressentis partagés par l'équipe et les relier à ce que le jeune fait vivre. Le thérapeute en réunion pluridisciplinaire DITEP n'est pas là pour donner un avis isolé, mais plutôt pour soutenir un travail collectif d'élaboration institutionnelle contenante.
Au sein du D.ITEP, trois propositions thérapeutiques en internes peuvent être faites selon les besoins :
Le suivi psychologique
Le champ thérapeutique, dans sa dimension psychologique, permet d’offrir à chaque jeune, un espace de libre parole. Cet espace bienveillant et sécurisant permet d’accompagner les adolescents vers un travail de symbolisation, de « mise en mots » de ce qui vient à faire souffrir. Ainsi, en fonction des problématiques, des potentialités et des besoins repérés, les modalités d’indication thérapeutique sont soit en individuel soit par une médiation de groupe.
Le suivi en psychomotricité
La médiation psychocorporelle est une méthode thérapeutique qui considère l’individu dans sa globalité, en tenant compte de l'interaction permanente entre le corps, les émotions et le psychisme. Elle part du principe que les tensions psychiques peuvent s’inscrire dans le corps, tout comme les maux physiques peuvent avoir une origine émotionnelle ou psychique. L’objectif est de favoriser l’intégration entre l’enveloppe corporelle (limite physique) et l’enveloppe psychique (limite psychique), permettant ainsi au sujet de contenir et transformer ses émotions, pensées et pulsions. Cette enveloppe psychocorporelle joue un rôle fondamental de filtre et de protection, en régulant la relation entre soi et le monde extérieur. Elle participe activement à la construction d’une identité personnelle stable et d’un sentiment de sécurité intérieure.
L’intervention de l’infirmière
L'infirmière intervient sur l'ensemble des sites de l’établissement. Elle participe à la démarche de soins à travers son intégration à l'équipe pluridisciplinaire : préparation et la gestion des traitements, suivi et coordination des observations en lien avec les traitements, mise en œuvre de soins éducatifs et préventifs, accompagnement individualisé de certains enfants et adolescents dans leur relation au corps, lien avec les familles : écoute, conseil, lien avec certains soins externes en fonction du besoin.